feliepastorello.boidi-p.personnelles

Kantorowicz Alfred, un «destin» d’Européen

Ces bonheurs douloureux


On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant (63).

René Char

Tandis que je travaillais sur le nazisme, tandis que j’analysais en littéraire des documents nazis, je lisais des Journaux d’exilés. Dont le JOURNAL ALLEMAND – DEUTSCHES TAGEBUCH d’Alfred Kantorowicz*, son Journal d’exil en France et celui d’un compagnon du Camp des Milles, Kurt Feuchtwanger : Le Diable en FranceDer Teufel in Frankreich, inversion ironique de l’expression allemande Gott in Frankreich (être heureux comme Dieu en France).

Les Journaux d’exilés furent des ballons d’oxygène, allégeant les étouffements de colère, de tristesse, de honte… et les Internationalistes rencontrés chez Kantorowicz des «antidépresseurs». Car, même si les combats de ces humanistes allemands, européens ont été perdus, ces combattants vaincus ont pris place dans la longue lignée de ceux/celles qu’Erri De Luca nomment les Invincibles : ..[…] ceux qui, même continuellement battus, ne se laissent pas décourager. Quichotte est leur saint patron !»**

Alfred Kantorowicz qui ressemble physiquement au Don Quichotte assis, lisant, un même «nez d’aigle» (disait V.Klemperer), dessiné par un autre Don Quichotte, Honoré Daumier, résume à lui seul, de manière exemplaire, le destin de ces humanistes dans l’Europe des couleurs brunes.

* À ne pas confondre avec Ernst Kantorowicz, l’historien, prussien, nationaliste, combattant des Corps Francs, qui a contribué, d’une certaine manière, à paver la voie du national-socialisme.

** Erri De Luca, Quichotte et les Invincibles, livre + DVD, Gallimard, 2008.

*

fbd1a872c9

*

daumier 2

Daumier et ses nombreux Don Quichotte, une figure qui semble l’avoir fasciné.

*

Un poème leur est dédié par René Char qui écrivait :

… à tous les désenchantés silencieux, mais qui, à cause de quelque revers, ne sont pas devenus pour autant inactifs. Ils sont le pont. Fermes devant la meute rageuse des tricheurs, au-dessus du vide et proches de la terre commune, ils voient le dernier et signalent le premier rayon. Quelque chose qui régna, fléchit, disparut, réapparaissant devrait servir la vie : notre vie des moissons et des déserts, et ce qui la montre le mieux en son avoir illimité.

On ne peut pas devenir fou dans une époque forcenée bien qu’on puisse être brûlé vif par un feu dont on est l’égal.

René Char, Recherche de la Base et du Sommet suivi de Pauvreté et Privilège, Gallimard, 1955

****

Je propose deux textes extraits d’un essai non achevé :

1. Kantorowicz, Don Quichotte germanique 1a); 1b). Qui est donc ce Kanto… ?
Nota : le dialogue a eu lieu, mais sa mise en forme par l’écriture a induit des modifications dans le sens d’une plus grande précision, lui donnant un caractère hybride que j’assume.

2. Kantorowicz de retour en Germanie, 1a); 1b) à travers son Journal, une mine historique. Mon Journal de lecture portera sur deux années, marquées par des événements importants : 1) 1953, une année de grands crus historiques; 2) 1956, l’année qui précède sa fuite (à venir).

*

Laisser un commentaire »

Aucun commentaire pour l’instant.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :